Historique

Si originale que paraisse une invention, il est bien rare qu'en fouillant dans le passé, on ne lui découvre quelque antériorité.
C'est ainsi qu'on pourrait voir un lointain ancêtre du braille dans le projet qu'exposa un physicien italien,le père Lana, en 1670, pour permettre aux aveugles de fixer et de communiquer leurs pensées.

Si ce système, qui faisait déjà appel au point, n'a pas eu de lendemain, c'est qu'il n'y avait pas d'enseignement organisé pour les aveugles.Ce n'est, que dès 1784, que Valentin Haüy songea à les faire lire.

Eût-il eu connaissance du système imaginé par le père Lana ?

Que le fondateur de la première école pour les aveugles l'aurait rejeté, au nom du principe théoriquement  défendable, qu'en toutes choses, il faut toujours rapprocher l'aveugle du voyant?

Principe qui ne lui laissait entrevoir d'autre solution au problème de la lecture tactile, que la reproduction en relief des caractères d'imprimerie simplement agrandis.

C'est avec des lettres de ce genre que le jeune Louis Braille apprit à lire, lorsqu'en 1819, il fut admis à l'école fondée par Valentin Haüy, devenue institution Royale.

Cette année-là, un curieux personnage, le capitaine d'artillerie, Charles Barbier de la Serre, vint à l'institut Royal des aveugles afin de proposer au directeur l'application aux aveugles d'un système, d'abord conçu à titre d'écriture secrète à l'usage des militaires.

Les 26 phonèmes essentiels de la langue française, étaient distribués sur un tableau. Chaque signe comportait deux alignements de six points au maximum disposés verticalement.

Le premier décembre 1823, deux émissaires désignés par l'académie des sciences : le naturaliste Lacépède et le physicien Ampère, déposèrent leur rapport sur l'expérience à laquelle ils s'étaient livrés à l'institut Royal sur deux élèves de Barbier.
Ils isolèrent l'un d'eux, ils dictèrent à l'autre, un texte que celui-ci, écrivit en utilisant le matériel fort simple imaginé par l'inventeur : L'ancêtre de la tablette, une réglette et un poinçon.

Soumis au premier élève, le texte fut lu par celui-ci, beaucoup plus rapidement que si on le lui avait présenté en caractères ordinaires gaufrés.

La preuve était faite de la supériorité du système Barbier. Le rapport contenait cette phrase pertinente :

L'écriture ordinaire est l'art de parler aux yeux; celle qu'a trouvée monsieur Barbier, est l'art de parler au toucher.

Rien d'étonnant que les jeunes aveugles se soient enthousiasmés pour ce système qui leur permettait, non seulement, de lire mais encore d'écrire autrement qu'en ayant recours à la composition typographique. Cependant, ils n'en étaient pas tout à fait satisfaits.

Il s'agissait d'une sonographie, qui ne respectait pas l'orthographe. Le fait que les deux alignements comportaient au maximum six points nécessitait pour la lecture de glisser le doigt de haut en bas sur chaque signe. La plupart des signes trop grands, tombaient mal sous le doigt. 75% d'entre eux exigeant 4, 5 ou 6 points en hauteur. Un alphabet systématique s'imposait.

L'effervescence était grande au sein de l'institution Royale de Paris entre 1823 et 1825 parmi les plus intelligents des jeunes gens qui luttaient pour surmonter leur infirmité. Chacun cherchait pour son propre compte un moyen d'améliorer le système Barbier. Parmi eux, il y avait le jeune Louis Braille.

Le directeur Monsieur Pignier assure que dès 1825 l'essentiel du système de Louis Braille était au point. Un alphabet, cette fois, non une sonographie: trois points en hauteur seulement au lieu de six Avec deux alignements. On obtient ainsi 63 combinaisons permettant la réalisation d'un alphabet ainsi que les ponctuations. En changeant les codes, ce procédé permet également de transcrire les mathématiques et les signes musicaux.

Les quatre premières séries soit quarante signes, ne furent jamais remaniées. A la première série, qui va de A à J, on ajoute un point en bas soit à droite ou à gauche ou encore les deux afin de former les autres séries.

Louis Braille publie dès 1825 la première édition de son procédé, alors qu'il n'a que 16 ans.Il l'intitule:

Procédé pour l'écriture et la lecture des paroles, la musique et  le plain-chant au moyen de points à l'usage des aveugles et disposés pour eux. Cette fois, les trois points sont lisibles directement par la pulpe de l'extrémité de l'index et ne nécessite plus un balayage de haut en bas ce qui facilite grandement la lecture.

Plus tard, la contraction des mots sera inventée par Maurice de la Sizeranne. Ce qu'on appellera abrégé. ces contractions dimminueront le volume occasionné par l'écriture braille et permettront une lecture bien plus rapide.

Le braille est en évolution constante permettant ainsi l'adaptation aux nouvelles technologies.